Créée il y a an par la Métropole du Grand Paris, une foncière publique met à disposition des communes du territoire des moyens financiers et des compétences pour épauler le petit commerce.
A Villeneuve-la-Garenne, dans les Hauts-de-Seine , une pharmacie remplacera un fast-food tandis que la halle de marché, livrée en juin 2025, incarnera la nouvelle dynamique du centre-ville. A l’Ile-Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis , l’arrivée d’un coiffeur marque le départ de la revitalisation commerciale. A Vincennes, dans le Val-de-Marne , la mairie a décidé de préempter un restaurant vacant depuis plus de deux ans pour faire barrage au projet d’implantation d’un cabinet dentaire, une activité qui ne concourt pas à la vitalité et à la convivialité du centre-ville.
Le facteur commun de ces trois communes d’Ile-de-France sociologiquement très différentes : reprendre la main sur la destinée de locaux commerciaux quand « certains repreneurs sont des bêtes noires du paysage commerçant et pourraient détricoter le parcours marchand », décode Marine Onfray, directrice générale de la Foncière Centres-Villes Vivants, vers laquelle se sont tournés les maires pour épauler leurs projets.
140 millions d’euros programmés
Créée en octobre 2023 par la Métropole du Grand Paris, la structure a déjà reçu une soixantaine de manifestations d’intérêt de la part d’édiles franciliens. En un an, vingt-trois dossiers d’investissements, concernant douze communes, ont été sélectionnés et validés, et cinq locaux vacants, à rénover et recommercialiser, ont été acquis pour un montant de 2,2 millions d’euros. L’ambition est d’arriver à une cinquantaine d’acquisitions annuelle.
Soutenue, outre par la Métropole, par la Banque des Territoires, la Chambre de commerce et d’industrie, la Chambre des métiers et de l’artisanat, la Semmaris (qui gère le marché international de Rungis) et le Crédit Agricole, cette foncière publique envisage de déployer 140 millions d’euros sur une dizaine d’années. Soit tout au plus 400 locaux à acquérir. La première difficulté pour la structure est donc aujourd’hui de prioriser ses interventions. Car c’est « une goutte d’eau dans le paysage de l’immobilier commercial de la Métropole du Grand Paris», ne cache pas Marine Onfray, en évoquant « plusieurs dizaines de milliers de rez-de-chaussée commerciaux ».
L’autre frein à cette initiative est de trouver les commerçants à implanter dans les locaux alors que certains types de commerces sont fragilisés et que les professionnels, des métiers de bouche et de la restauration notamment, sont difficiles à dénicher.
Depuis 2018, la Métropole du Grand Paris a par ailleurs déployé un programme de revitalisation des centres-villes les plus fragiles des 131 communes de son territoire (dont 123 en petite couronne). Quelque 66 millions d’euros ont déjà été dépensés au profit de 65 communes. Et « nous allons ajouter 30 millions d’euros supplémentaires pour toucher, au total, jusqu’à près de 100 communes », indiquait le mois dernier aux « Echos » Patrick Ollier, le président de la Métropole, lors des Assises métropolitaines du Centre-Ville. « J’ai fait voter ces 30 millions d’euros et ils seront dépensés, quitte à réduire d’autres postes », a assuré l’élu, dénonçant par avance une éventuelle réduction du budget de l’intercommunalité francilienne.
En Ile-de-France, une foncière tente de revitaliser les centres-villes | Les Echos
Valérie Landrieu
4 décembre 2024